Durées de détection

Combien de temps les drogues restent-elles détectables ?

Il n’existe pas de réponse unique : la durée de détection dépend de la substance, de la dose, de la fréquence de consommation et du test lui-même — sang, salive et urines ne cherchent pas la même chose. Les études publiées permettent toutefois d’en donner des fourchettes. Ci-dessous, chaque substance : ouvrez une ligne pour voir combien de temps elle reste détectable, et pourquoi.

Durées de détection par substance, en détail

Dépliez une ligne pour le tableau complet : la fenêtre de chaque profil de consommation dans chaque matrice (le type de prélèvement : sang, salive ou urines), la molécule ou le métabolite que le dosage recherche réellement, le seuil de référence retenu, ce qui déplace la fenêtre et les travaux publiés derrière.

Cannabinoïdes 1

Le seul groupe ici doté d’un compartiment graisseux. Ce second mécanisme de stockage explique pourquoi ses fenêtres chroniques se comptent en semaines quand toutes les autres se comptent en jours.

Cannabis (THC)

beuh, shit, herbe, space cake
Cannabinoïde 4–12 h → 2–7 j 1–4 j → 14–30 j

Le cannabis est l’exception de tout le tableau, pour une seule raison : le THC est liposoluble. Toutes les autres substances ici quittent le corps sur une unique courbe descendante, alors que le THC est stocké dans les graisses et relargué dans le sang plusieurs jours après le dernier joint. C’est pourquoi sa fenêtre urinaire est la seule qui se compte en semaines, et pourquoi la masse grasse — et non la dose — est le premier prédicteur individuel.

Sang

Prise unique
4–12 h
Occasionnel (≤ 1×/mois)
6–24 h
Régulier / quotidien
24–72 h
Chronique intensif
2–7 jours

Ce que le test mesure : Le THC lui-même. Le modèle rapporte le plasma, environ le double du sang total — c’est une estimation de population, pas une preuve médico-légale. Seuil : ~1–2 ng/mL (valeur par défaut de l’application : 2,0 ng/mL)

Salive (fluide oral)

Prise unique
4–12 h
Occasionnel (≤ 1×/mois)
6–24 h
Régulier / quotidien
12–36 h
Chronique intensif
18–48 h

Ce que le test mesure : Le THC déposé dans la bouche puis resécrété dans le fluide oral. Un comestible ne laisse aucun dépôt buccal : sa fenêtre salivaire est environ deux fois plus courte. Seuil : ~2 µg/L (confirmation SAMHSA / test salivaire routier)

Urines

Prise unique
1–4 jours
Occasionnel (≤ 1×/mois)
3–7 jours
Régulier / quotidien
7–15 jours
Chronique intensif
14–30 jours

Ce que le test mesure : Le THC-COOH, produit de dégradation inactif. Stocké dans les graisses, il s’élimine bien plus lentement que le THC lui-même : c’est toute la raison pour laquelle l’urine dépasse le sang de plusieurs semaines. Seuil : 50 ng/mL (immunoessai standard)

Ce qui déplace ces fenêtres

  • La masse grasse est de loin le premier prédicteur individuel, parce que le THC-COOH y est stocké et non simplement dilué. À l’extrême, le modèle situe un très gros consommateur avec des paramètres défavorables autour de 43 jours dans les urines.
  • La demi-vie terminale pendant l’abstinence est d’environ 3 jours en usage occasionnel, 4 en usage régulier et 5 en usage chronique intensif — Lowe 2009 rapporte 5 à 7 jours.
  • L’usage quotidien installe une ligne de base qui ne redescend jamais complètement : environ 1,2 ng/mL de plasma à 54 mg par jour, environ 3,0 ng/mL à 162 mg par jour (Karschner 2009), la moitié des usagers chroniques restant au-dessus de 1 ng/mL au 7e jour.
  • Le mode de consommation change le pic, pas la traîne : un joint culmine vers 100 ng/mL de plasma à 54 mg, une vape de 10–25 mg atteint environ 7–32 ng/mL, et un comestible sature, de 10 à 50 mg, autour de 3–6 ng/mL car l’essentiel est transformé au premier passage.

L’idée fausse

L’erreur la plus fréquente consiste à lire un chiffre sanguin comme une preuve juridique. Ce modèle rapporte du plasma, environ le double du sang total, et il estime une courbe de population — il ne vous mesure pas. Quant à un test urinaire positif chez un usager quotidien, il dit seulement qu’un métabolite stocké dans les graisses a dépassé 50 ng/mL, peut-être des semaines après la dernière prise et sans le moindre effet résiduel.

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Limites THC au volant par pays →THC dans le sang →THC dans la salive →THC dans les urines →Éliminer le THC plus vite : mythes et réalité →

Sources

Stimulants 3

Hydrosolubles et éliminés en jours, pas en semaines. Leurs fenêtres longues viennent de prises répétées qui construisent une traîne de métabolites, jamais d’une seule grosse dose.

Cocaïne

coke, crack
Stimulant 12–48 h → 1–3 j 2–4 j → 4–14 j

La cocaïne elle-même disparaît en quelques heures — sa demi-vie plasmatique est d’environ une heure. Tout ce qui est long dans le dépistage de la cocaïne appartient à la benzoylecgonine, le métabolite que visent réellement les tests urinaires. Et le levier qui déplace cette fenêtre n’est pas la quantité prise mais le nombre de jours entre les prises : deux ou trois sessions par mois se comportent presque exactement comme une prise unique.

Sang

Prise unique
12–48 h
Occasionnel (≤ 1×/mois)
18–48 h
Régulier (2–3×/mois)
24–60 h
Hebdomadaire à quotidien
24–72 h

Ce que le test mesure : La cocaïne elle-même, rapide (6–24 h), le reste de la fenêtre étant porté par la benzoylecgonine. Seuil : 10 ng/mL — le bord bas prudent de la fourchette per se habituelle de 10–50 ng/mL

Salive (fluide oral)

Prise unique
4–24 h
Occasionnel (≤ 1×/mois)
6–28 h
Régulier (2–3×/mois)
6–31 h
Hebdomadaire à quotidien
12–50 h

Ce que le test mesure : Cocaïne plus benzoylecgonine ; la BE est le signal le plus long (cocaïne 4–13 h, BE environ 24–31 h après une prise unique). Seuil : 8 ng/mL (confirmation salivaire SAMHSA)

Urines

Prise unique
2–4 jours
Occasionnel (≤ 1×/mois)
2–4 jours
Régulier (2–3×/mois)
2–5 jours
Hebdomadaire à quotidien
4–14 jours

Ce que le test mesure : La benzoylecgonine, pas la cocaïne. Sa demi-vie principale n’est que d’environ 6 heures ; la longue traîne est une seconde phase lente que seule une prise quotidienne construit. Seuil : 150 ng/mL (immunoessai fédéral américain)

Un dosage de recherche à 5 ng/mL atteint 17 à 22 jours chez les usagers quotidiens. C’est un avertissement sur le poids du seuil, pas une valeur utilisée par défaut par l’application.

Ce qui déplace ces fenêtres

  • Une butyrylcholinestérase basse ou atypique double environ la demi-vie de la substance mère et peut la porter au triple. Grossesse, contraception hormonale, maladie hépatique et dénutrition abaissent cette enzyme. Dans l’application, cela modifie la courbe de concentration, pas les fenêtres publiées.
  • L’alcool pris avec la cocaïne forme du cocaéthylène dans le foie, un métabolite distinct de demi-vie 2,5 heures. L’application le modélise comme un compartiment séparé et le signale comme un danger cardiaque ; il n’a pas de fenêtre de détection propre.
  • La masse grasse n’est délibérément pas modélisée comme réservoir ici. La cocaïne n’est pas assez lipophile pour cela, et l’application précise explicitement que le modèle graisseux du cannabis ne doit pas être transposé.
  • Le sexe ne change presque rien : aucune différence pharmacocinétique sur le pic, la demi-vie ou l’exposition (Mendelson 1999), les femmes ayant environ 5 % de butyrylcholinestérase en moins. Le modèle décale la courbe d’autant, pas davantage — les fenêtres publiées sont les mêmes dans les deux cas.

L’idée fausse

« J’en ai pris beaucoup, ça restera donc plus longtemps. » La taille d’une prise unique ne déplace quasiment pas la fenêtre urinaire. Ce qui la déplace, c’est de reprendre à quelques jours d’intervalle, ce qui laisse la benzoylecgonine s’accumuler dans sa phase lente — et c’est pourquoi l’application demande le nombre de jours entre les sessions, pas le nombre de grammes.

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Sources

  • Ellefsen 2016 — oral fluid: cocaine 4–13 h, benzoylecgonine up to ~24–31 h after a single dose
  • Jufer 2000 — oral-fluid benzoylecgonine tail ~50 h in daily users; urine accumulation in chronic use
  • Preston 2002 — urine positive 10–14 days in chronic daily users (detox cohort, 0.5–2 g/day)
  • Nickley 2017 — research-grade 5 ng/mL assay reaches 17–22 days in daily users
  • Mendelson 1999 — no PK sex difference in Cmax, half-life or AUC; ~5% lower butyrylcholinesterase in women
  • Jeffcoat — intranasal absorption, absorption half-life ~11.7 min

Amphétamine

speed, amphét, dexamfétamine sur ordonnance
Stimulant 12–48 h → 1–4 j 1–4 j → 2–7,5 j

L’amphétamine est l’exemple le plus net d’une fréquence qui compte et d’une dose qui ne compte presque pas. L’application ne la gradue pas du tout par « combien de fois par mois » : elle bascule entre une fenêtre de prise unique et une fenêtre d’usage quotidien, puis interpole entre les deux selon la dose quotidienne typique. Qui prend du speed le week-end est sur la courbe de prise unique, pas sur la courbe chronique.

Sang

Unique ou épisodique
12–48 h
Quotidien / dépendant
1–4 jours

Ce que le test mesure : L’amphétamine elle-même. Demi-vie plasmatique d’environ 10 heures à pH urinaire neutre. Seuil : 20 ng/mL

Salive (fluide oral)

Unique ou épisodique
20–60 h
Quotidien / dépendant
1,5–7 jours

Ce que le test mesure : L’amphétamine elle-même, qui se concentre dans le fluide oral à environ 2,76 fois le plasma. Seuil : 25 ng/mL dans le modèle (DRUID médico-légal 25 ng/mL, dépistage SAMHSA 50 ng/mL)

Urines

Unique ou épisodique
1–4 jours
Quotidien / dépendant
2–7,5 jours

Ce que le test mesure : La classe des amphétamines dans son ensemble — substance mère et métabolites — sur une bandelette d’immunoessai standard. Contrairement au cannabis, ces métabolites sont hydrosolubles : la fenêtre reste en jours. Seuil : 500 ng/mL (dépistage par immunoessai)

Ce qui déplace ces fenêtres

  • Le pH urinaire est le facteur de variation le plus important et le moins connu : la demi-vie va d’environ 7 heures en urine acide à environ 34 heures en urine alcaline. L’application publie ses fenêtres à pH neutre et signale cet écart plutôt que de le modéliser numériquement.
  • Une consommation quotidienne plus lourde allonge la fenêtre. Entre la prise unique et l’usage quotidien, le modèle module selon la dose quotidienne typique au lieu de passer d’emblée au chiffre chronique : un usage quotidien léger reste nettement en deçà de la fenêtre urinaire chronique de 2 à 7,5 jours.
  • La voie d’administration change le pic, pas l’élimination : le sniff augmente l’absorption et le pic, fumer davantage encore, mais ni l’un ni l’autre ne touche la demi-vie ni la fenêtre.

L’idée fausse

« J’en prends presque tous les week-ends, je suis donc un usager chronique. » Pas selon ce modèle. L’amphétamine est hydrosoluble et ne s’accumule pas comme le THC : tout ce qui reste en deçà d’un usage réellement quotidien ou dépendant relève de la fenêtre de prise unique. La longue traîne salivaire allant jusqu’à sept jours appartient au seul usage quotidien à forte dose.

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Sources

  • Dolder PC & Liechti ME 2017, Front Pharmacol 8:617 — 40 mg d-amphetamine, Cmax ~120 ng/mL, Tmax ~3 h
  • de la Torre R et al. 2004 — volume of distribution ~4 L/kg, half-life 6–12 h, urine-pH dependence (~7 h acidic to ~34 h alkaline)
  • Cone EJ & Huestis MA 2007 — oral-fluid pharmacokinetics, saliva/plasma ratio ~2.76
  • Verstraete AG 2004 — detection times across matrices
  • Andås 2016, J Anal Toxicol — chronic high-dose use extended oral fluid to ~8 days; the amphetamine model tops out at 7.5 days
  • SAMHSA / DHHS and DRUID — oral-fluid and urine cutoffs

Méthamphétamine

crystal, meth, ice
Stimulant 24–48 h → 1,5–4 j 1–4 j → 3–8 j

La méthamphétamine se comporte comme l’amphétamine, à deux nuances près. Environ 7 % se convertit en amphétamine dans l’organisme : elle déclenche donc les deux lignes d’un panel, le signal amphétamine apparaissant plus tard et persistant davantage. Et chez les usagers quotidiens, sa fenêtre salivaire va jusqu’à huit jours, à égalité avec l’urine — l’inverse de ce que presque tout le monde attend d’un prélèvement salivaire.

Sang

Unique ou épisodique
24–48 h
Quotidien / dépendant
1,5–4 jours

Ce que le test mesure : La méthamphétamine elle-même. Demi-vie plasmatique d’environ 10 heures, biodisponibilité orale d’environ 0,67. Seuil : 20 ng/mL

Salive (fluide oral)

Unique ou épisodique
24–72 h
Quotidien / dépendant
1,5–8 jours

Ce que le test mesure : La méthamphétamine elle-même, à environ le double de la concentration plasmatique. Seuil : 25 ng/mL dans le modèle (DRUID médico-légal 25 ng/mL, dépistage SAMHSA 50 ng/mL)

Le chiffre de huit jours vient d’une cohorte en sevrage dont la consommation antérieure était de 0,5 à 2 g par jour. C’est la valeur pour usage quotidien, et elle va aussi loin que la fenêtre urinaire de cette même cohorte — un usager quotidien ne doit pas conclure de « deux ou trois jours » que tout est éliminé.

Urines

Unique ou épisodique
1–4 jours
Quotidien / dépendant
3–8 jours

Ce que le test mesure : Substance mère et métabolites sur une bandelette standard. Comme environ 7 % se convertit en amphétamine, un usage de méthamphétamine déclenche à la fois la ligne mAMP et la ligne AMP. Seuil : 500 ng/mL (dépistage par immunoessai)

Ce qui déplace ces fenêtres

  • La demi-vie est d’environ 10 heures à pH neutre, mais la fourchette de la littérature va de 5 à 30 heures une fois le pH urinaire pris en compte — le même écart entre urine acide et urine alcaline que pour l’amphétamine.
  • La même mise à l’échelle par la dose s’applique que pour l’amphétamine : l’estimation urinaire monte avec la dose quotidienne typique, et seul un usage quotidien vraiment lourd atteint la fenêtre complète de 3 à 8 jours.
  • Les autres métabolites, comme la p-hydroxyméthamphétamine, ne sont pas modélisés — seule la conversion de 7 % en amphétamine l’est.

L’idée fausse

Presque tout le monde suppose que l’urine est toujours la fenêtre la plus longue. En usage quotidien de méthamphétamine, elle n’est pas la seule : le fluide oral peut rester positif environ huit jours — aussi longtemps que l’urine, et bien plus longtemps que quiconque l’attend d’un prélèvement salivaire. Si l’application modélise cela explicitement, c’est précisément pour ne pas faussement rassurer un usager quotidien.

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Sources

  • Schepers RJF et al. 2003 — controlled human dosing; still the gold-standard data for single-dose windows
  • Cook CE 1993 — half-life ~10–11 h, volume of distribution ~3.7 L/kg, oral bioavailability ~0.67
  • Cody JT 2002 — methamphetamine to amphetamine conversion (~7%)
  • Andås 2016, J Anal Toxicol — detox cohort 0.5–2 g/day, oral fluid to ~8 days, "never reported previously"
  • Cruickshank CC & Dyer KR 2009 review; StatPearls 2025 — re-validation of the older controlled-dose data
  • DRUID (forensic 25 ng/mL) and SAMHSA / DHHS (screening 50 ng/mL) — oral-fluid cutoffs
Empathogènes 1

Un empathogène est une substance dont l’effet principal est l’ouverture émotionnelle plutôt que la stimulation. La MDMA y est à part : la dose déplace ses fenêtres plus que la fréquence, parce que l’enzyme qui l’élimine s’auto-inhibe.

MDMA

ecstasy, ecsta, taz, MD
Empathogène 8–24 h → 18–48 h 1–3 j → 1,5–4 j

La MDMA est la seule substance ici dont la dose déplace la fenêtre plus que la fréquence. L’enzyme qui l’élimine s’auto-inhibe : un cachet plus fort sort donc du corps de façon disproportionnée, bien plus lentement — l’application met ses fenêtres à l’échelle de la dose totale puis les plafonne, car la MDMA est bornée par sa propre cinétique et non par un réservoir graisseux. La fréquence ne fait que pousser le bord supérieur.

Sang

Prise unique
8–24 h
Occasionnel (≤ 1×/mois)
10–28 h
Régulier (2–3×/mois)
12–32 h
Hebdomadaire à quotidien
18–48 h

Ce que le test mesure : La MDMA elle-même. Demi-vie plasmatique d’environ 8 heures, pic vers 2 heures. Seuil : 10 ng/mL

Ce sont les fenêtres pour une dose totale de 100 mg. Un cachet plus fort les allonge, un cachet faible les raccourcit, mais dans certaines limites : la MDMA est bornée par sa propre cinétique saturable et non par un réservoir graisseux, la dose ne peut donc pas emballer la fenêtre.

Salive (fluide oral)

Prise unique
12–24 h
Occasionnel (≤ 1×/mois)
12–28 h
Régulier (2–3×/mois)
12–32 h
Hebdomadaire à quotidien
18–48 h

Ce que le test mesure : La MDMA elle-même, qui se concentre fortement dans le fluide oral — médiane d’environ 5,6 fois le plasma et rapport au pic bien supérieur, car une substance basique reste bloquée dans une salive acide et s’y concentre — c’est le piégeage ionique. Seuil : 25 ng/mL en confirmation (dépistage SAMHSA 50 ng/mL)

Urines

Prise unique
24–72 h
Occasionnel (≤ 1×/mois)
1–3,3 jours
Régulier (2–3×/mois)
1,3–3,8 jours
Hebdomadaire à quotidien
1,5–4 jours

Ce que le test mesure : MDMA et MDA sur un panel professionnel. Une confirmation LC-MS en laboratoire peut aussi lire l’HMMA, ce qui étire le résultat vers cinq ou six jours — ce chiffre plus long relève du laboratoire, pas de la fenêtre de dépistage. Seuil : 500 ng/mL (immunoessai SAMHSA)

Ce qui déplace ces fenêtres

  • La dose est le levier dominant, et de façon non proportionnelle : l’enzyme qui élimine la MDMA se sature elle-même, l’exposition augmente donc plus vite que la dose. Une seconde prise dans les 24 heures augmente le pic d’environ 29 % et l’exposition totale d’environ 77 %.
  • Le poids corporel est la seule covariable qu’une analyse PK de population moderne juge cliniquement pertinente, et l’échelle se fait sur le poids total, pas sur la masse maigre. Les femmes se voient attribuer une demi-vie environ 10 % plus longue ; l’âge ajoute jusqu’à 15 %, mais seulement au-delà de 50 ans.
  • La MDMA ne s’accumule pas dans les graisses comme le THC : son échelle de l’usage occasionnel à l’usage intensif est donc comprimée plutôt qu’étalée sur des semaines. L’usage épisodique s’élimine entre les sessions.
  • Les cachets européens font en moyenne 130–180 mg mais varient énormément, et contiennent souvent tout autre chose : de la PMA, de la PMMA, du 2C-B ou de la méthamphétamine. Avec un cachet inconnu, toute estimation de fenêtre porte sur une substance non confirmée.

L’idée fausse

On croit souvent qu’une bandelette « amphétamines » bon marché détecte l’ecstasy. La réactivité croisée est peu fiable et une bandelette basique peut passer complètement à côté de la MDMA — ce qui la révèle, c’est une bandelette MDMA dédiée ou un test de laboratoire. L’erreur inverse est tout aussi courante : la méthamphétamine vendue comme ecstasy se convertit en partie en amphétamine, un seul cachet peut donc faire réagir des bandes auxquelles personne ne s’attendait.

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Sources

  • de la Torre R et al. 2004, Ther Drug Monit 26(2):137–144 — MDMA pharmacokinetics, non-linear above ~100 mg (CYP2D6 saturation)
  • de la Torre R et al. 2000, Br J Clin Pharmacol (N=14) — non-linear kinetics, CYP2D6 autoinhibition
  • Kolbrich EA et al. 2008, Ther Drug Monit (N=17) — controlled dosing, Cmax 162.9 at 77 mg and 291.8 at 123 mg, half-life 6.9–8.1 h
  • Farré M et al. 2004, Psychopharmacology (N=9) — second dose within 24 h: +29% peak, +77% exposure
  • Desrosiers NA & Huestis MA 2013, Anal Bioanal Chem (N=26); Navarro 2001 — oral fluid / plasma ratio, median ~5.6, peak far higher
  • Huestis MA 2024/25 population PK (N=65) — body weight the only clinically relevant covariate
  • Verstraete AG 2004 and SAMHSA — detection times and cutoffs
  • EMCDDA European Drug Report 2024 and DrugsData — European pill strength and adulteration
Dépresseurs du système nerveux 1

Un nom de classe, des molécules très différentes. Une fenêtre « benzodiazépine » ne veut rien dire tant qu’on ne précise pas laquelle : l’écart va de quelques heures à six semaines.

Benzodiazépines

diazépam, alprazolam, clonazépam, lorazépam, etc.
Dépresseur 6–24 h (clonazépam 1–2 j, diazépam 1–4 j) 1–4 j → 3–7 j (clonazépam 14–21 j, diazépam 14–42 j)

« Benzodiazépine » est un nom de classe qui recouvre des molécules au comportement radicalement différent. Cinq des sept modélisées par l’application s’éliminent en jours. Pas le diazépam ni le clonazépam : à action prolongée, ils s’accumulent en prise quotidienne, et le diazépam porte un métabolite actif de 90 heures de demi-vie qui étire sa fenêtre urinaire à six semaines. Citer une fenêtre « benzodiazépine » sans nommer la molécule ne veut rien dire.

Sang

Action courte (alprazolam, bromazépam, lorazépam, oxazépam, étizolam)
6–24 h
Clonazépam
24–48 h
Diazépam
1–4 jours

Ce que le test mesure : La substance mère. Le sang est la seule matrice, pour les benzodiazépines, que l’application module selon la dose ; les plages ci-dessous sont un plancher, que le moteur peut allonger mais jamais raccourcir. Seuil : Par molécule, 5–50 ng/mL (alprazolam, clonazépam et étizolam 5 ; lorazépam 10 ; bromazépam 20 ; diazépam et oxazépam 50)

Salive (fluide oral)

Action courte, unique ou quotidien
2–24 h
Clonazépam — épisodique
6–60 h
Clonazépam — quotidien
1–6 jours
Diazépam — épisodique
0,3–5 jours
Diazépam — quotidien
2–7 jours

Ce que le test mesure : La substance mère, et pour le diazépam aussi le nordiazépam. Les benzodiazépines sont fortement liées aux protéines et passent mal dans la salive — le rapport fluide oral/plasma du diazépam est d’environ 0,035 — d’où des fenêtres courtes face à l’urine. Seuil : Par molécule, 2–10 ng/mL

La ligne « action courte » est une fourchette sur les cinq molécules à action courte : alprazolam et lorazépam à 2–18 h, bromazépam, oxazépam et étizolam à 4–24 h. Le détail par molécule ci-dessous donne les chiffres exacts.

Urines

Action courte — unique
1–4 jours
Action courte — quotidien
3–7 jours
Clonazépam ou diazépam — unique
3–7 jours
Clonazépam — quotidien
14–21 jours
Diazépam — quotidien
14–42 jours

Ce que le test mesure : Un immunoessai de classe — et c’est là que le nom de classe fait de vrais dégâts. Le dépistage reflète fiablement le diazépam et l’oxazépam, est peu fiable pour l’alprazolam, le clonazépam et le lorazépam, variable pour le bromazépam, et ne détecte pas du tout l’étizolam.

L’application ne porte aucun seuil urinaire chiffré pour les benzodiazépines : ces fenêtres sont des constantes fixes liées à la pratique de dépistage courante, non calculées à partir d’un seuil. Nous les publions donc sans seuil plutôt que d’en inventer un. Les lignes « action courte » sont de même une fourchette sur cinq molécules : une prise unique donne 24–72 h pour l’alprazolam, le lorazépam et l’oxazépam, 48–96 h pour le bromazépam et 48–72 h pour l’étizolam.

Détail par molécule

  • Diazepam — Demi-vie 46 h, plus le nordiazépam à 90 h. Sang 24–96 h, salive 6–120 h en prise unique et 48–168 h en quotidien, urine 3–7 jours en unique et 14–42 jours en quotidien. Les fenêtres les plus longues de la classe.
  • Clonazepam — Demi-vie 35 h. Sang 24–48 h, salive 6–60 h en épisodique et 24–144 h en quotidien, urine 3–7 jours en unique et 14–21 jours en quotidien. Il s’accumule, et un dépistage standard le capte mal.
  • Alprazolam — Demi-vie 11,2 h. Sang 6–24 h, salive 2–18 h, urine 24–72 h en unique et 3–7 jours en quotidien. Ne s’accumule pas — et un dépistage urinaire standard le manque souvent.
  • Lorazepam — Demi-vie 14 h, éliminé par glucuronidation et non par les CYP, l’âge le déplace donc à peine. Sang 6–24 h, salive 2–18 h, urine 24–72 h en unique et 4–7 jours en quotidien.
  • Oxazepam — Demi-vie 7 h, la plus courte du groupe après l’étizolam, également glucuronidé. Sang 6–24 h, salive 4–24 h, urine 24–72 h en unique et 4–7 jours en quotidien. L’un des deux seuls que le dépistage de classe reflète fiablement.
  • Bromazepam — Demi-vie 17 h — assez courte pour que le modèle ne la considère pas comme accumulative. Sang 6–24 h, salive 4–24 h, urine 48–96 h en unique et 4–7 jours en quotidien.
  • Etizolam — Une thiénodiazépine du marché des designer drugs. Demi-vie 3,4 h avec un métabolite actif à 8,2 h. Sang 6–24 h, salive 4–24 h, urine 48–72 h en unique et 4–7 jours en quotidien. Un dépistage benzodiazépine standard ne le détecte pas du tout, et l’application élargit sa marge d’incertitude en conséquence.

Ce qui déplace ces fenêtres

  • L’âge compte pour les benzodiazépines métabolisées par les CYP et presque pas pour les glucuronidées. À partir de l’âge mûr, le diazépam et le clonazépam s’allongent nettement (Klotz 1975), l’alprazolam, le bromazépam et l’étizolam moins, tandis que le lorazépam et l’oxazépam — éliminés par glucuronidation, une voie plus simple que l’âge ralentit à peine — ne bougent quasiment pas.
  • La masse grasse allonge les molécules lipophiles. Elle pèse le plus sur l’étizolam et le diazépam, et compte surtout en pratique pour le diazépam, dont elle étire encore la longue traîne métabolique — Abernethy 1982 mesure le desméthyldiazépam à 154 h chez des sujets obèses contre 57 h chez des sujets minces. Le duo glucuronidé ne bouge quasiment pas.
  • L’accumulation n’est pas une question de degré : entre deux prises quotidiennes, une benzodiazépine est éliminée ou elle ne l’est pas. Seuls le diazépam et le clonazépam agissent assez longtemps pour s’accumuler ; les autres sont éliminés avant la prise suivante. En prise quotidienne, le nordiazépam s’accumule d’un facteur proche de six.
  • La fonction rénale et hépatique n’est pas du tout modélisée pour les benzodiazépines, contrairement aux opioïdes. Là où l’application n’a pas de levier, nous le disons plutôt que de publier un chiffre.

L’idée fausse

Un dépistage benzodiazépine négatif est couramment lu comme « c’est éliminé ». Très souvent, ce n’est pas le cas. L’immunoessai de classe standard ne détecte l’alprazolam, le clonazépam et le lorazépam que de façon peu fiable, et pas du tout l’étizolam : un résultat négatif ne prouve donc rien. À l’inverse, la fenêtre salivaire du diazépam est souvent donnée pour 48 heures ; l’application retient délibérément environ cinq jours pour une prise unique, car le dosage lit aussi le nordiazépam, dont la demi-vie de 90 heures a été mesurée à une médiane de 132 heures dans le fluide oral. Un chiffre de 48 heures rassurerait à tort.

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Sources

  • Greenblatt DJ & Abernethy DR — classic benzodiazepine pharmacokinetics; the source of the age and obesity levers in the model
  • Vindenes V et al. 2019 — nordiazepam in oral fluid, median 132 h at a 1 ng/mL limit of quantification after a single diazepam dose
  • Klotz U et al. 1975 — age and diazepam disposition
  • Abernethy DR et al. 1982, J Pharm Sci — prolongation of drug half-life due to obesity, studied on desmethyldiazepam (154 h obese vs 57 h lean) →
  • Friedman H et al. 1992; Jongen S & Vermeeren A 2018; Gorenstein C et al. 1994 — psychomotor and on-road impairment, and tolerance in dependent users
  • Front Toxicol 2025, DOI 10.3389/ftox.2025.1639890 — benzodiazepine immunoassay cross-reactivity
  • FDA product labels; ASAM 2025 tapering guidance; EUDA reporting on designer benzodiazepines
Opioïdes 1

La classe où le test compte plus que la substance. Un panel opiacé standard reflète les opioïdes morphiniques et manque presque tout le reste.

Opioïdes

héroïne, morphine, codéine, oxycodone, fentanyl, méthadone, buprénorphine
Opioïde 6–24 h (buprénorphine 1–3 j, méthadone jusqu’à 5 j) 1–3 j → 2–4 j (méthadone, buprénorphine 3–7 j → 7–14 j ; fentanyl jusqu’à 14–28 j)

Avec les opioïdes, la question « combien de temps ça reste » compte moins que « le test le verra-t-il seulement ». Un panel opiacé standard reflète les molécules morphiniques et manque totalement le fentanyl, la méthadone, la buprénorphine, le tramadol, le tapentadol et les nitazènes, tout en ne captant l’oxycodone que de façon peu fiable. S’y ajoute que la classe couvre quatre ordres de grandeur de puissance, et que trois de ses membres — méthadone, buprénorphine et fentanyl — ont des fenêtres plusieurs fois plus longues que les autres.

Sang

Codéine, dihydrocodéine, oxycodone, morphine, hydromorphone, héroïne
6–12 h
Bolus de fentanyl, tapentadol, tilidine, nitazènes
6–24 h
Tramadol
12–24 h
Méthadone — unique
12–48 h
Méthadone — quotidien
2–5 jours
Buprénorphine
24–72 h
Fentanyl — patch transdermique
2,5–5 jours

Ce que le test mesure : La molécule active plutôt que toujours la substance mère : la codéine est mesurée via la morphine qu’elle produit, l’héroïne via la 6-MAM puis la morphine, le tramadol comme tramadol plus O-desméthyltramadol, la tilidine comme nortilidine. Seuil : Par molécule, 0,1–50 ng/mL (nitazènes 0,1 ; fentanyl 0,5 ; buprénorphine 1 ; hydromorphone 5 ; codéine, morphine, oxycodone et héroïne 10 ; dihydrocodéine et tilidine 20 ; tramadol, méthadone et tapentadol 50)

Salive (fluide oral)

La plupart des opioïdes
24–48 h
Héroïne et nitazènes
6–24 h

Ce que le test mesure : Les mêmes molécules actives que dans le sang. L’application ne modélise pas de fenêtre distincte pour l’usage quotidien dans le fluide oral : ces chiffres valent donc pour l’usage épisodique comme quotidien. Seuil : Par molécule, la même fourchette de 0,1–50 ng/mL que dans le sang

Urines

La plupart des opioïdes — unique
24–72 h
La plupart des opioïdes — quotidien
2–4 jours
Méthadone, buprénorphine — unique
3–7 jours
Méthadone, buprénorphine — quotidien
7–14 jours
Fentanyl — quotidien ou patch
14–28 jours

Ce que le test mesure : Un immunoessai opiacé standard reflète la codéine, la dihydrocodéine, la morphine et l’héroïne. Il est peu fiable pour l’oxycodone et l’hydromorphone, et ne détecte pas le fentanyl, la méthadone, la buprénorphine, le tramadol, le tapentadol, la tilidine ni les nitazènes — ceux-ci exigent des tests de laboratoire dédiés ou ciblés.

Comme pour les benzodiazépines, l’application ne porte aucun seuil urinaire chiffré pour les opioïdes — les fenêtres urinaires sont des constantes fixes ancrées dans la pratique de dépistage courante. Nous les publions sans inventer de seuil.

Détail par molécule

  • Heroin — Jamais prouvée par la substance mère, disparue en quelques minutes. La 6-MAM est le marqueur unique de l’héroïne, à fenêtre très courte ; c’est la morphine en aval qui étire l’urine à plusieurs jours. Salive 6–24 h, sang 6–12 h, urine 24–72 h en unique et 2–4 jours en quotidien.
  • Fentanyl — Un bolus s’élimine en 6–24 h, mais un patch transdermique maintient le sang positif 60–120 h en raison d’un dépôt cutané à demi-vie apparente de 20 heures. L’usage quotidien ou par patch porte l’urine à 14–28 jours — le plus grand écart unique/chronique de la classe. Un panel opiacé standard ne le voit pas.
  • Methadone — Le seul opioïde que le modèle considère comme accumulatif. Une prise unique s’élimine en 12–48 h, mais la prise quotidienne construit un réservoir tissulaire qui maintient le sang positif 2–5 jours et l’urine 7–14 jours. Sa demi-vie dépasse largement son effet : le plasma peut continuer de monter à dose fixe et la toxicité survenir au 2e–5e jour ; l’état d’équilibre demande environ cinq jours.
  • Buprenorphine — Demi-vie 38 h et seuil très bas de 1 ng/mL. Sang 24–72 h, urine 3–7 jours en prise unique et 7–14 jours en usage quotidien. Invisible pour un panel opiacé standard.
  • Codeine — Une prodrogue : le modèle suit la morphine que votre enzyme CYP2D6 en fabrique. Un métaboliseur lent n’en produit presque pas, un métaboliseur ultra-rapide environ 45 % de plus que la normale — c’est pourquoi la codéine a été mortelle chez des enfants.
  • Nitazenes — Opioïdes de synthèse issus du marché des nouvelles substances, modélisés à un seuil de 0,1 ng/mL et avec la plus large marge d’incertitude de l’application. Salive 6–24 h. Ni un test opiacé standard ni un test fentanyl ne les reflètent ; il faut une analyse de laboratoire ciblée.
  • Tramadol — Modélisé comme le tramadol plus son métabolite O-desméthylé, demi-vie 6,7 h. Sang 12–24 h, urine 24–72 h en unique et 2–4 jours en quotidien. Non détecté par un panel opiacé standard.

Ce qui déplace ces fenêtres

  • La fonction rénale est le plus grand levier, et elle agit par les métabolites, pas par la substance. L’insuffisance rénale multiplie par dix à seize environ la demi-vie du métabolite actif de la morphine, le M6G (Osborne/Hanna 1993 ; Dean 2004) — c’est aussi le mécanisme de la dépression respiratoire retardée. Le modèle suit cette littérature : la morphine, la codéine et l’héroïne sont les plus concernées, le tramadol, la dihydrocodéine et l’hydromorphone bien moins.
  • La masse grasse ne compte que pour les molécules lipophiles — fentanyl, buprénorphine, méthadone et nitazènes. L’âge ralentit lui aussi l’élimination : à partir de 50 ans environ, les fenêtres glissent vers le haut de leur fourchette.
  • Le génotype CYP2D6 détermine la quantité d’opioïde actif que votre corps fabrique à partir de la codéine, du tramadol et de la dihydrocodéine. La recommandation CPIC retient environ 96 % de morphine en moins chez un métaboliseur lent et environ 45 % de plus chez un ultra-rapide (Crews 2021). Cela déplace la courbe de concentration, pas la fenêtre de détection publiée.
  • La voie d’administration modifie fortement l’absorption et le pic — fumé et injecté atteignent les pics les plus élevés — mais pas la fenêtre de détection. Elle modifie en revanche le risque : l’application pondère le risque respiratoire par voie, précisément pour que l’injection n’apparaisse pas comme l’option la plus douce.

L’idée fausse

La croyance dangereuse ici est qu’un panel standard négatif signifie qu’il n’y a rien. C’est faux. Le fentanyl et les nitazènes exigent des tests dédiés, la méthadone, la buprénorphine, le tramadol et le tapentadol ne figurent pas du tout sur un panel opiacé, et l’oxycodone n’est détectée que dans une minorité des cas par rapport à une confirmation de laboratoire. La seconde idée fausse concerne l’héroïne : elle n’est jamais prouvée par la substance mère, seulement par la 6-MAM dans une courte fenêtre, puis par la morphine — indiscernable d’autres origines.

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Sources

Ce qui allonge une fenêtre de détection

1. Votre profil de consommation — le facteur dominant

Chaque fenêtre longue de ce tableau tient à la fréquence, pas à la dose. L’élimination suit pour l’essentiel une cinétique de premier ordre — un pourcentage fixe disparaît par unité de temps — : doubler une prise unique vous place plus haut sur la même courbe et ajoute des heures. Ce qui ajoute des jours, c’est de reprendre avant que la prise précédente ne soit éliminée, ce qui laisse les métabolites s’accumuler dans une phase secondaire lente.

C’est pourquoi l’application demande si l’usage est épisodique ou quotidien plutôt que le nombre de grammes. Qui prend de la cocaïne deux ou trois fois par mois se comporte presque comme après une prise unique — environ 2 à 5 jours dans les urines — alors qu’un usage quotidien atteint 10 à 14 jours. Le cannabis brise cette règle dans deux directions à la fois : le THC est stocké dans les graisses et relargué lentement, il superpose donc un second mécanisme, bien plus long, à la fréquence.

2. Métabolite plutôt que substance mère

L’essentiel de la surprise disparaît dès qu’on sait que beaucoup de tests ne cherchent pas la substance du tout. Les dépistages urinaires ciblent des métabolites : la benzoylecgonine pour la cocaïne, le THC-COOH pour le cannabis, la morphine et la 6-MAM pour l’héroïne, le nordiazépam pour le diazépam. Les métabolites sont généralement plus abondants et toujours plus lents à s’éliminer : c’est toute la raison pour laquelle l’urine dépasse le sang de plusieurs jours.

Cela signifie aussi qu’un résultat positif porte moins d’information qu’on ne le croit. Il dit qu’un produit de dégradation a franchi un seuil. Il ne dit ni quand, ni combien, ni si quelque chose agit encore.

3. Le seuil du test

Une fenêtre de détection est une affirmation sur un seuil, pas sur votre corps. Le même échantillon d’urine peut être négatif à 150 ng/mL et positif à 5 ng/mL. Chez un usager quotidien de cocaïne, c’est l’écart entre 4 à 14 jours au dépistage standard de 150 ng/mL et 17 à 22 jours à un dosage de recherche de 5 ng/mL. Quand deux sources divergent du tout au tout, un seuil non précisé en est presque toujours la cause.

4. La biologie individuelle

L’activité enzymatique, la fonction rénale et le pH urinaire déplacent tous la courbe. Une butyrylcholinestérase basse ou atypique double environ la demi-vie de la cocaïne elle-même. Une insuffisance rénale est, dans le modèle, le plus grand levier pour les opioïdes morphiniques ; pour les autres substances elle compte sur le plan pharmacologique, mais Clearhead ne la modélise pas — elle n’est donc pas dans le tableau. Une urine alcaline allonge nettement les fenêtres des amphétamines — leur demi-vie passe d’environ 7 heures en urine acide à environ 34 heures en urine alcaline. La composition corporelle compte surtout pour le cannabis, où la graisse est un compartiment de stockage et pas seulement un volume de dilution.

Combien de temps chaque test voit : sang, salive, urines

  • Sang — le meilleur reflet de ce qui circule sur le moment, d’où son rôle d’échantillon de confirmation en contrôle routier et en médecine légale. Fenêtres courtes, et seule matrice pour laquelle des seuils légaux « per se » sont normalement définis — des chiffres au-delà desquels le résultat constitue l’infraction, altération ou non.
  • Salive (fluide oral) — le dépistage routier pratique. Elle suit assez bien le plasma, tout en le dépassant nettement pour certaines substances : la MDMA à environ 5 à 6 fois le plasma, la cocaïne environ deux fois, l’amphétamine environ 2,8 fois. En usage quotidien de méthamphétamine, elle va aussi loin que l’urine.
  • Urines — le standard en milieu professionnel et clinique, un test d’historique plutôt que de récence. Fenêtres les plus longues, fondées sur les métabolites, aveugles au moment de la prise.

Les analyses capillaires portent sur des mois mais ne figurent ni ici ni dans l’application : Clearhead ne modélise pas les cheveux, et nous préférons assumer une lacune plutôt que publier un chiffre que nous ne pouvons pas dériver.

Être détectable n’est pas être sous influence

Ces deux chronologies sont sans cesse confondues, et elles sont distinctes. Elles peuvent diverger dans les deux sens. La descente d’un stimulant altère l’attention et le temps de réaction pendant des heures après que les taux sanguins sont passés sous tout seuil. Un usager quotidien de cannabis peut rester positif dans les urines pendant des semaines sans le moindre effet. Une benzodiazépine peut laisser une sédation résiduelle jusqu’au lendemain matin alors que la substance mère est déjà basse.

Une fenêtre de cette page répond donc à la question « un test montrerait-il quelque chose ? ». Elle ne répond jamais à « suis-je apte à conduire ? » — et dans la plupart des pays de l’UE, la question juridique pour les drogues autres que le cannabis relève de toute façon de la tolérance zéro : toute présence confirmée constitue l’infraction. Quelques-uns, comme la Roumanie depuis 2025, exigent en plus la preuve d’une altération. L’approche par seuil chiffré existe essentiellement pour le THC.

D’où viennent ces chiffres

Chaque fenêtre de cette page est lue directement dans le moteur Clearhead, pour que le site et l’application ne puissent pas diverger. Chaque modèle de substance porte ses propres paramètres pharmacocinétiques et ses propres sources publiées, et chaque fenêtre renvoie à un seuil nommé partout où l’application en définit un. Là où elle n’en définit pas — les seuils urinaires des benzodiazépines et des opioïdes, par exemple — nous le disons dans la ligne plutôt que d’emprunter un seuil ailleurs.

Il en va de même pour les matrices et les molécules que l’application ne modélise pas : cheveux, 7-aminoclonazépam, EDDP. Elles sont absentes ici parce qu’elles le sont dans l’application, et une lacune assumée vaut mieux qu’un chiffre d’apparence plausible. Le cocaéthylène est un troisième cas : l’application le modélise bien, mais comme un compartiment de risque sans fenêtre de détection propre — il n’a donc pas de ligne.

Questions fréquentes

Combien de temps les drogues restent-elles détectables ?

Il n’existe pas de chiffre unique, car chaque test mesure autre chose. Le sang et la salive vont de quelques heures à quelques jours ; les urines de 1 à 4 jours après un usage occasionnel, et deux semaines ou plus pour le cannabis et pour un usage quotidien de cocaïne, de benzodiazépines ou de méthadone. La matrice, le seuil et la fréquence décident.

Qu’est-ce qui compte le plus : la dose ou la fréquence ?

La fréquence, et de loin. Une dose unique plus forte démarre plus haut sur la même courbe et fait gagner des heures, pas des jours ; reprendre à quelques jours d’intervalle laisse les métabolites s’accumuler et transforme une fenêtre de 2 jours en fenêtre de 2 semaines. Le cannabis et la MDMA sont les deux exceptions — le stockage dans les graisses pour l’un, une cinétique saturable pour l’autre.

Pourquoi les tests urinaires détectent-ils si longtemps ?

Parce que la plupart des dosages urinaires ciblent des métabolites et non la substance mère : la cocaïne est mesurée sous forme de benzoylecgonine, le cannabis de THC-COOH, l’héroïne de morphine et de 6-MAM, le diazépam en partie de nordiazépam. Ces produits de dégradation sont formés en plus grande quantité et éliminés plus lentement que la substance elle-même : la fenêtre urinaire dépasse donc la fenêtre sanguine de plusieurs jours, parfois de semaines.

Un test positif signifie-t-il que je suis sous influence ?

Non, et c’est le malentendu le plus lourd de conséquences sur ce sujet. Détectabilité et altération sont deux chronologies distinctes qui ne se recouvrent que partiellement. Un test urinaire peut être positif des jours après la fin de tout effet, tandis que la descente d’un stimulant altère l’attention et le temps de réaction alors que les taux sanguins sont déjà sous tout seuil. Un résultat de test n’est jamais une déclaration d’aptitude à conduire.

Boire de l’eau, faire du sport ou prendre un produit « détox » raccourcit-il la fenêtre ?

Non. L’élimination dépend de l’activité enzymatique et de l’excrétion rénale, et rien de tout cela n’est modifié par l’eau, la transpiration, le café ou les produits détox du commerce. Boire beaucoup avant un test urinaire ne fait que diluer l’échantillon, ce que les laboratoires recherchent précisément via la créatinine et la densité — un échantillon dilué est généralement signalé, non validé.

Pourquoi les durées publiées varient-elles autant selon les sources ?

Le plus souvent parce qu’elles supposent tacitement des seuils et des profils de consommation différents. Une fenêtre urinaire à un seuil d’immunoessai de 150 ng/mL et une autre à un dosage de recherche de 5 ng/mL décrivent la même personne et divergent de plusieurs semaines. Tout chiffre qui ne précise ni sa matrice, ni son seuil, ni son profil de consommation n’est comparable à aucun autre.

Un test standard détecte-t-il toutes les benzodiazépines et tous les opioïdes ?

Non, et c’est là que les noms de classe induisent gravement en erreur. Un immunoessai benzodiazépine standard reflète fiablement le diazépam et l’oxazépam, capte mal l’alprazolam, le clonazépam et le lorazépam, et ne détecte pas du tout l’étizolam. Un panel opiacé standard reflète la codéine, la dihydrocodéine, la morphine et l’héroïne, est peu fiable pour l’oxycodone et l’hydromorphone, et ne détecte ni le fentanyl, ni la méthadone, ni la buprénorphine, ni le tramadol, ni le tapentadol, ni les nitazènes. Ceux-là exigent des tests de laboratoire dédiés ou ciblés.

À quel test suis-je le plus susceptible d’être confronté ?

En Europe, les contrôles routiers reposent généralement sur un dépistage salivaire confirmé par une prise de sang, car le sang est la matrice dans laquelle les seuils légaux sont écrits. Le dépistage professionnel et clinique est très majoritairement urinaire, c’est-à-dire un test d’historique et non de récence. Les deux répondent à des questions différentes : la même personne peut donc être négative à l’un et positive à l’autre au même instant.

Chaque chiffre de cette page est lu dans le moteur Clearhead et décrit des fourchettes de population, pas la mesure d’une personne. Ce n’est ni un avis médical ni un avis juridique, et jamais une autorisation de conduire. Vérifié le 2 septembre 2026.

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